Le Salon revisited

2026

/

Peeping Tom Production

© Marc Deganck (2004)

From the original 'Le Salon'


À PROPOS DE CETTE PRODUCTION



À Propos


Créé en 2004, Le Salon est le portrait à la fois sombre et enjoué d’une famille en déclin, où quatre générations sont confrontées à la perte, aux traumatismes hérités et aux secrets tus. Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, nous retournons dans ce salon devenu le miroir de la conscience intime et collective.


Sur scène, nous observons une famille autrefois aisée, frappée par un déclin financier, matériel, physique et psychologique. Le spectacle explore d’abord les tabous enfouis entre les membres de la famille. À travers la présence simultanée de quatre générations, l’héritage invisible, transmis des ancêtres à leurs enfants, devient tangible par le mouvement.


Cet héritage familial inconscient a également ramené les créateurs, en tant que parents, à une peur primitive: celle de perdre un enfant. Peu à peu, cela devient l’axe central du projet: l’histoire d’un couple qui perd ce qu’il a de plus précieux, et l’exploration de la manière dont il survit à ce drame. Ils

oscillent entre effondrement et résilience, là où coexistent chagrin et rires inattendus.


Enfin, l’espace lui-même joue son propre rôle: en tant que témoin

silencieux, le salon est le lieu où la vie quotidienne s’accumule au fil du temps. Il conserve les gestes, les routines et les conflits qui survivent à ses habitants, devenant au fil du temps une archive familiale.


Plus de 20 ans après sa création, ce salon continue de s’appuyer sur le passé et pose une question difficile: tirons-nous les leçons du passé ou répétons-nous sans cesse l’histoire?


Context


Le Salon est un spectacle de danse-théâtre contemporain qui établit un lien entre les dynamiques familiales intimes et des événements historiques de plus grande ampleur (guerres, effondrement social, déclin économique – d’où sa pertinence intemporelle) et il se veut un avertissement sur les

répercussions à long terme des traumatismes humains.


Lorsqu’ils ne sont pas traités, ces traumatismes (qu’ils soient de nature physique, psychologique ou sexuelle) peuvent se transformer en « fantômes». Ce terme (inventé pour la première fois par la psychanalyste Selma

Fraiberg en 1975) a gagné en popularité au lendemain des deux guerres mondiales. Des recherches ont montré qu’un traumatisme devenu tabou finit par se transmettre de génération en génération — parfois jusqu’à sept générations! Ces fantômes se glissent dans des phrases en apparence anodines comme « Ferme les rideaux! », et peuvent causer de violentes tempêtes émotionnelles après un élément déclencheur. Certaines de ces

blessures ne sont pas seulement personnelles; elles trouvent leur origine dans des catastrophes historiques communes qui touchent des populations entières. Dans Le Salon, la famille devient un microcosme dans lequel les événements collectifs sont absorbés et rejoués à une échelle intime.


Cette œuvre s’inscrit naturellement dans l’œuvre de Peeping Tom, où rendre conscient l’inconscient est devenu un motif récurrent. Dans le climat politique actuel, où des guerres sont lancées sans issue claire, revisiter cette œuvre semble particulièrement opportun: le traumatisme généré

aujourd’hui risque de créer des répercussions qui pourraient façonner les générations à venir.


Nous revisitons Le Salon, non seulement pour saluer sa intemporalité, mais aussi pour permettre aux nouvelles générations d’artistes et de spectateurs de se confronter aux questions qu’il soulève. En tant qu’œuvre phare des 25

ans d’histoire de Peeping Tom, ce retour sur cette création des débuts est un moyen de lui donner un nouvel écho à une autre époque, pour ceux qui la découvrent peut-être pour la première fois. Créé collectivement par la distribution originale en 2004, Le Salon a fait l’objet d’une tournée internationale de 2004 à 2009. Il a été présenté à travers l’Europe, en Corée du Sud et en Australie, captivant le public par son mélange unique de théâtralité, de performance physique et de critique sociale acérée. Pour de nombreux spectateurs, il est devenu une expérience marquante.


En 2004, Le Salon a été créé par Simon Versnel, Eurudike de Beul, Samuel Lefeuvre, Franck Chartier, Gabriele Carrizo et Uma Chartier.


Le spectacle s’inspire librement du film The Music Room de Satyajit Ray, qui dépeint la ruine financière d’un prince passionné de musique qui continue obstinément à organiser des concerts dans son salon alors que le monde s’écroule autour de lui.



INFOS DÉTAILLÉES

Concept by 

Gabriela Carrizo & Franck Chartier


Re-direction by 

Franck Chartier


Creation by

Gabriela Carrizo, Franck Chartier, Sam Lefeuvre, Eurudike

De Beul, Simon Versnel and Uma Chartier


Performed by 

Paula Tato Horcajo/Lauren Langlois, Nelson Earl, Juliana

Azevedo/Carla Vukmirovic, Pepe Jaimes/Konan Dayot,

Eric Houzelot/Tony Guifoyle and a baby


Light design by 

Bram Geldhof / Gerd van Looy


Sound design by

Peeping Tom / Glenn Vervliet


Set design by

Pol Heyvaert


Technical creation by

Filip Timmerman


Artistic assistance 

Louis-Clément da Costa